Publié le 26/02/2021

Les personnes âgées sont très souvent victimes, intentionnellement ou non, de préjugés sur le seul critère de leur âge. Les pratiques discriminatoires envers les personnes âgées doivent pouvoir être freinées dans notre société qui prône entre autre la fin du sexisme ou du racisme. Il faut pour cela que les institutions donnent l'exemple, et que la population soit sensibilisée pour lutter contre ce type de comportements.

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Qu'est ce que l'âgisme ?

L'âgisme, une discrimination

Le terme "âgisme" définit l'ensemble des comportements discriminatoires, clichés et attitudes négatives véhiculés envers des personnes ou des groupes de personnes pour leur âge plus avancé. L'âgisme est une forme de discrimination "anti-vieux", qui peut intervenir sous différentes formes. On le retrouve dans de simples commentaires sur les limitations physiques ou psychiques liées à l'âge, dans des attitudes infantilisantes voire même dénigrantes à l'encontre de nos aînés, mais aussi dans certaines pratiques institutionnelles ou politiques.

L'âgisme découle du constat de l'affaiblissement physique et cognitif de certaines personnes âgées, comme les patients atteints de démence par exemple, que l'on généralise et attribue faussement au reste des personnes âgées. Considérer que tous les membres appartenant au groupe de population le plus âgé sont tous dépendants, vulnérables, voire moins "utiles" que reste de la communauté est une discrimination qui entretient les inégalités sociales.

L'Organisation Mondiale de la Santé alerte de la présence d'attitudes âgistes négatives dans notre société, et de ses dangers sur la santé : les personnes âgées qui ont un comportement négatif vis-à-vis du vieillissement pourraient vivre 7,5 années de moins que celles qui vivent bien le vieillissement. Non seulement l'âgisme accentue l'isolement social, mais il augmente aussi le stress cardio-vasculaire.

 

L'âgisme, des préjugés et des clichés

L'âgisme est enraciné dans notre société et véhiculé  à travers des clichés récurrents qui positionnent automatiquement les personnes âgées dans une situation d'infériorité, sans prendre en compte leurs capacités et leur situation personnelle. Voici les attitudes discriminatoires les plus courantes :

  • "Toutes les personnes âgées sont inactives"

Faux ! Et cela serait une grande erreur de le penser. Il y a aujourd'hui environ 600 millions de personnes âgées dans le monde, et leur nombre devrait doubler dans les prochaines années pour atteindre 2 milliards en 2050. Dans de très nombreux pays, la majorité des personnes de plus 60 ans sont en excellente santé et très actives physiquement. Les prouesses médicales et l'évolution de notre civilisation nous laissent entrevoir une génération de retraités qui attendent la fin de leur activité professionnelle dans un très bon état général, pour pouvoir se dédier pleinement à leurs loisirs et profiter de la vie. Certains continuent même à collaborer au sein d'entreprises familiales, ou représentent un soutien indispensable pour leurs enfants pour la garde des petits-enfants.

  • L'âgisme numérique

"Les personnes âgées ne comprennent rien aux technologies et sont incapables de les utiliser". Cette idée préconçue est très répandue et fortement ancrée chez les jeunes générations élevées à l'ère du numérique. Les nouvelles technologies sont l'un des secteurs dans lequel on constate le plus de discriminations et de préjugés envers les personnes âgées.

  •  L'âgisme protecteur

Les attitudes discriminatoires ne partent pas forcement d'une mauvaise intention. Bien souvent, l'âgisme se manifeste par des remarques ou des comportements d'origine bienveillante, mais qui sont surprotecteurs envers les personnes âgées ("à ton âge, tu ne peux pas faire ça,...") et qui les privent de leurs libertés.

 

 

Comment lutter contre l'âgisme ?

Communication et prévention

Comme pour le racisme ou le sexisme, l'âgisme est installé dans les meurs par usage, et par une répétition de comportements souvent inconscients. Il convient donc d'informer et de sensibiliser les populations pour qu'elles puissent prendre conscience et comprendre les effets négatifs de leurs attitudes âgistes, et qu'elles puissent les éviter.

En parallèle, il est intéressant de développer des initiatives et des activités entre générations, afin de diminuer ce fossé intergénérationnel qui peut souvent être une source de préjugés et d'incompréhensions mutuelles.

 

Le cadre législatif

Pour pouvoir enrailler les discriminations liées à l'âge, les institutions doivent dissocier la vieillesse et la retraite. Une personne qui approche de l'âge de départ à la retraite peut souvent être confrontée à des comportements discriminatoires au sein même de son activité professionnelle. L’OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques) recommande d’éliminer progressivement l’âge réglementaire de départ à la retraite pour pouvoir effacer les attitudes généralistes et discriminatoires vis à vis de l'âge, dans les entreprises comme dans la société. L'idée est de pouvoir permettre à chaque personne de choisir le moment qui lui correspond pour cesser de travailler, plutôt que de lui imposer sur le seul critère de son âge. 

 

 

L'âgisme en période de pandémie

L'épidémie de coronavirus qui perturbe nos vies depuis un an maintenant a particulièrement touché nos aînés. En France, un tiers des malades infectés par le SARS-CoV-2 ont plus de 65 ans, 25% entre 65 et 74 ans et 8% plus de 75 ans. Mais la pandémie a aussi favorisé l'âgisme. Les comportements discriminatoires envers les personnes âgées ont inévitablement augmenté depuis le début de la pandémie, puisqu'elles sont toutes regroupées et classées la même catégorie de population, à isoler des autres. 

L'Académie Nationale de Médecine considère cependant que cette confrontation intergénérationnelle, attisée par la crise sanitaire actuelle, "n’a pas que des aspects négatifs ; elle est l’occasion de rappeler le rôle essentiel joué par les séniors sur le plan familial, associatif et sociétal, ainsi que l’impérieuse nécessité de leur garantir la protection et le respect qui leur sont dus". L'organisme recommande :

  • de ne jamais utiliser le critère d’âge pour la répartition des ressources médicales. Si un rationnement des moyens thérapeutiques s’impose, le choix doit se baser sur des critères physiologiques, cliniques et fonctionnels afin d’obtenir les meilleurs résultats à court et long termes.
  • de substituer la notion de "distanciation physique" par  "distanciation sociale", pour mieux faire comprendre que le respect des gestes barrières n’implique pas de s’isoler du monde, mais juste de communiquer autrement.
  •  d’accorder une attention particulière aux personnes âgées les plus vulnérables, et veiller à ce qu’ils continuent de bénéficier de tous leurs droits.

 

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