Publié le 08/10/2020

Le Président de la République a annoncé fin septembre la préparation d'une loi sur le vieillissement et l'autonomie qui devrait voir le jour début 2021. Plusieurs fois reportée, cette loi très attendue par les professionnels du secteur des soins et de l'accompagnement des personnes âgées est annoncée depuis 2019. Pour l'une des dernières grandes réformes de son quinquennat, le chef de l'État a promis "une réponse globale extraordinairement ambitieuse" pour les problématiques liées au grand âge.

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La question de la perte d'autonomie et de l'accompagnement dans le grand âge est un véritable défi démographique pour notre société vieillissante, qu'il faut savoir anticiper et préparer au mieux pour les générations futures. Le ministère des Solidarités et de la Santé estime qu'environ 2,45 millions de personnes seront en perte d'autonomie en 2060, contre 1,6 million de personnes en 2030. Face à cette préoccupation grandissante, le gouvernement a lancé la mise en place d'un plan de réformes pour construire une nouvelle loi autonomie et grand âge. Le projet a débuté par un débat public sur le sujet et une grande consultation en ligne ouverte à tous les Français. Suite à cette consultation, le rapport "Concertation Grand âge et autonomie" a été publié par le ministère des Solidarités pour servir de base au projet. Malheureusement, le contexte exceptionnel issu de la crise sanitaire et du confinement a mis en suspens le projet de loi autonomie cette année. Le gouvernement promet d'en faire une réalité dès le début de l'année 2021.

 

Financement : une cinquième branche de la sécu

La mise en place de la loi sur l'autonomie 2020 est un projet certes ambitieux, mais nécessaire. Au cœur du débat, les questions liées à la vieillesse et à la dépendance bien sûr, mais aussi une préoccupation essentielle sur les modalités de financement de la perte d'autonomie et de l'accompagnement des personnes vieillissantes. Selon les calculs du gouvernement, le budget dépenses engagé pour financer le grand âge et la perte d'autonomie pourrait augmenter de neuf milliards d'euros d'ici 2030 compte-tenu du vieillissement de la population. Il est donc nécessaire de trouver de nouvelles sources de financement pour mener à bien la réforme qui va nécessiter de 3  à 5 milliards d'euros de fonds d'ici 2024.

La création d'une seconde journée de solidarité a été envisagée, puis rejetée par l'ensemble des partenaires sociaux. Pour pouvoir mener à bien la future loi, une nouvelle branche de la Sécurité Sociale va être créée pour financer l'autonomie et le grand âge. Elle viendra s'ajouter aux quatre branches de la Sécurité sociale déjà existantes : la maladie, la retraite, la famille et les accidents du travail.

 

Revaloriser les métiers de la dépendance

L'un des principaux axes de ce projet de loi vise la revalorisation des métiers liés à l'accompagnement des personnes âgées et à la dépendance. La profession d'aide à domicile pour personnes âgées est à ce jour peu valorisée face à la vocation, l'investissement et la passion des professionnels qui se dédient à cette activité. La crise sanitaire du covid-19 a mis en lumière la nécessité de ces aides à domicile : professionnels, attentifs et proposant des services personnalisés, les auxiliaires de vie assistant les seniors à domicile se sont imposés comme la solution la plus sûre pour accompagner la perte d'autonomie en temps de crise.

En annonçant la réactivation du projet de loi sur la vieillesse et la perte d'autonomie, le gouvernement a insisté sur les principes soutenus par ce projet de loi : il s'agit, selon le Président,  "non pas d'une loi pour donner des grands principes, mais d'une loi concrète qui, dans les prochaines années, va nous permettre de revaloriser des métiers pas suffisamment valorisés, de mettre en place de meilleures organisations, et de décloisonner la prévention et la prise en charge médicale". Le chef de l'État a assuré que la réorganisation et l'investissement entrepris permettront de "redonner une place à nos aînés pour vivre heureux dans la société. Au maximum avec leur famille, aussi longtemps qu'ils le souhaitent et que les familles le souhaitent, en couple, à domicile,..."

 

 

 

 

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